Le jour où j’ai parcouru 303 kilomètres à vélo !

Publié le mardi 27 juillet 2010 dans J'ai testé pour vous !, MaRiNeTTe fait du sport !  |  9 Commentaires  | Voter Hellocoton

 

Ou plutôt les 3 jours, pour être exacte.

 

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Et promis, après, je n’en parle plus mais… vous êtes nombreux à me demander de raconter cette aventure qu’a été le London To Paris avec Médecins du Monde, et j’ai moi même envie d’écrire un peu, sur ces quelques jours, avant d’en oublier le principal et d’en garder un lointain souvenir. Surtout qu’aujourd’hui, je ne réalise déjà plus vraiment que je l’ai fait, que c’est terminé, et surtout, que j’ai réussi ! Car OUI ! JE L’AI FAIT ! Et jusqu’au bout…

 

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Mais commençons par le début !

 

Mercredi 21 juillet 2010

Nous avions rendez-vous au siège de Médecins du Monde, à Paris. Étrange de voir arriver nos coéquipiers de galère, un par un, se demander lequel pourra bien avoir notre niveau – c’est-à-dire aucun niveau – pour pédaler à nos côtés, lequel sera sympa, lequel sera encourageant, patient, lequel nous parlera, …

C’était aussi pour moi le moment de récupérer mon vélo puisque Médecins du Monde m’en a gentiment mis un à disposition. Le moment un peu stressant de réaliser que ça y est, c’est parti ! Vélos, coéquipiers, bagages, tout est réuni, le moment est venu de se lancer.

L’attente de l’eurostar est un peu longue (vélos à déposer à l’avance obligent…) mais nous permet de faire connaissance, et d’en profiter pour prendre quelques forces grâce à Michel & Augustin et leurs petits sablés.

 

Juillet 2010 013

 

Demain… on commencera à pédaler !

 

Jeudi 22 juillet 2010 – Jour 1 – 100km

Réveil difficile de bon matin. Enfiler le fameux cuissard rembourré n’est pas des plus agréable… Vérifier ses affaires : mitaines, kway, casque, eau, t-shirt Médecins du Monde, …

Petit déjeuner difficile aussi. Je suis angoissée. Une centaine de kilomètres à parcourir aujourd’hui, et ce n’est que le premier jour… mais on nous parle déjà du plus difficile ! Je ne sais pas vraiment quoi manger, ni quoi boire, j’ai hâte d’être sur mon vélo, plus vite ce sera commencé, plus vite ce sera fait ! Mais en même temps… je redoute un peu ! Avec “les filles”, on se regarde en se demandant vraiment ce qu’on fait là et dans quoi on s’est engagées !

Puis c’est le départ. Tardif, finalement, le temps que tout le monde se prépare, s’organise, se concentre.

 

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Les premiers kilomètres ne sont pas faciles, mais pas vraiment compliqués non plus. Je me fais doubler dans les montées, certes, mais il reste du monde derrière moi, je fais doucement connaissance avec mon vélo, avec la route. ça monte un peu. Mais je n’imagine pas que cela va continuer. J’arrive à la première pause, presque contente et motivée. A ce rythme là, je devrais m’en sortir !

Mais c’était sans compter sur les montées interminables qui nous attendent… et la pluie qui a souhaité se joindre à nous. Les premiers chanceux du peloton y ont bien sûr échappé. Quant à nous… ce fut juste le déluge ! Croyez-moi ou non mais la route s’est transformée en une mini rivière d’eau boueuse quasi impraticable à vélo. Mon moral s’en est bien sûr pris un sacré coup ! J’ai cru abandonner, là, sous la pluie, et dire que je n’irai pas plus loin. Je me suis posé mille fois la question de savoir ce que je faisais là et ce qui m’avait pris de me lancer dans cette aventure. J’ai du aussi crier des dizaines de fois contre ce “fucking weather” et les montées qui allaient avec. Puis, le soleil est revenu, et j’ai remis de l’entrain dans mon pédalage. Comment imaginer abandonner dès le 1er jour ?

La pause déjeuner est arrivée tardivement ce jour-là, encore plus pour nous qui étions un peu à la traîne. A peine arrivées, on nous a demandé de nous dépêcher pour manger, nous devions être repartis dans un quart d’heure maximum. Puis, comme l’organisation en groupe est toujours un peu compliquée… le temps s’est allongé. Et il nous a fallu monter dans la voiture – nos vélos dans le camion – pour accélérer le rythme sur quelques kilomètres afin de ne pas louper notre ferry.

Remonter sur mon vélo après cela a été très difficile. Le moral en baisse par cette obligation de prendre la voiture (même si ce n’était que pour une dizaine de kilomètres). Et les jambes coupées par cette pause prolongée. Mais c’est avec ferveur que nous sommes reparties pour prouver à tous que nous en étions capables ! Finalement pas les dernières à arriver devant le ferry, nous avons tout de même du attendre le suivant suite à des lenteurs administratives… Suivant qui était en retard pour des problèmes techniques, lui, et qui nous a donc fait arriver à l’hôtel à minuit.

 

Vendredi 23 juillet 2010 – Jour 2 – 89km

Réveil à 6h15, la nuit a été relativement courte, surtout après la journée de la veille… Nous débutons par un voyage en car jusqu’à Dieppe. Au programme, repos et souvenirs de la veille. On s’encourage pour cette nouvelle journée. Mais remonter sur les vélos nous fait tout de même assez peur. Personnellement j’ai moins mal aux jambes que je ne le craignais. Mais je ne vous parle pas du reste…

Mais quand il faut y aller, il faut y aller… Cette fois-ci, c’est la bruine qui nous rattrape et nous mouille comme il faut ! Heureusement, aujourd’hui, mon kway est avec moi ! Le début de la route monte moins que la veille. Mais le faux plat, vous savez, c’est sacrément traitre quand même ! Les distances sont longues et la fatigue se fait ressentir. Chacun prend un rythme différent et je me retrouve une bonne partie de la matinée à pédaler seule, difficilement.

Heureusement, la pause déjeuner est cette fois-ci un peu plus longue. Et l’après-midi s’annonce plus courte. C’est aujourd’hui une “petite journée” avec environ 88km de prévus. Tout le monde commence à souffrir un peu et les encouragements fusent de toutes part. ça aide bien !

Nous repartons donc revigorées, même si encore humides de cette bruine qui ne nous a pas lâchés le matin. Nous repartons groupées et motivées, et même si je me fais quelque peu distancer, je tiens bon ! Une bonne nouvelle (personnelle) à la dernière pause de la journée m’aide à accélérer un peu sur la dernière étape. On oubliera le fait qu’on ait zappé un panneau et qu’on ait donc fait un petit détour inutile… heureusement, nous n’étions pas seules ! Les garçons s’étaient cette fois-ci joints à nous ! (d’où l’étourderie ?)

Allez, ce soir, on a du temps, on profite de la soirée, on discute un peu après dîner, et on se repose aussi !

 

Samedi 24 juillet 2010 – Jour 3 – 114km

Réveil 5h45. D
ur dur. C’est le dernier jour mais c’est aussi de très nombreux kilomètres à parcourir avant l’arrivée triomphale à la Tour Eiffel !

Il est tôt. Il fait froid. Il y a du brouillard. Et je lâche le rythme. Seule et découragée, je me demande à chaque coup de pédale comment je vais pouvoir trouver la force de parcourir le mètre suivant. Les montées s’enchaînent sans qu’on puisse en voir la fin. Et si elles sont suivies de – courtes – descentes, c’est toujours pour remonter par la suite. A chaque sommet, je me demande ce qui m’attend derrière, et je découvre… le pire ! Jusqu’à celui où je tombe nez à nez avec le ravitaillement et mes amies de galère qui m’attendent, encourageantes, motivées, réconfortantes. Il ne me faudra donc que 2 minutes pour me remettre d’aplomb !

 

Juillet 2010 029

 

Et c’est reparti ! Prochain arrêt : le golf de Cergy, proche de chez mes parents qui devraient donc passer m’y dire bonjour ! Finalement, c’est sur le bord de la route, banderole à la main, que nous les retrouvons pour nous acclamer ! Un bon coup de booster qui me permettra de pédaler sans relâche (ou presque, puisque nous avons tout de même fait une bonne pause déjeuner) jusqu’à Paris, passant par des routes que je prends souvent !

 

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Et c’est bien sûr sous la Tour Eiffel que l’aventure s’est terminée. Acclamations des amis, photographes, journalistes, tous étaient là pour nous accueillir ! Car oui, c’est bien déjà terminé ! Finalement, lorsqu’on est sur le vélo, cela paraît long, très long… Mais aujourd’hui, je ne suis pas bien sûre de réaliser que c’est terminé, et surtout, que je l’ai fait !

 

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Un grand merci à :

  • Tous ceux qui m’ont soutenue financièrement, moralement et physiquement dans cette aventure (parents, famille, amis, …), avant, pendant, après. Pour moi, mais aussi pour tous ceux qui en ont besoin et que Médecins du Monde aide au quotidien.
  • Mes 3 comparses de galère : Marie, Magali et Frogita.
  • Les garçons qui nous ont parfois accompagnées dans notre lenteur pour nous tenir compagnie !
  • Docteur No et Coach Brian pour leur patience avec nous.
  • Marie pour son sacré coup de pédale, malgré tout, qui m’a obligée à tenir le rythme !
  • Magali pour son énergie à nous encourager, malgré la fatigue et la difficulté !

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    9 Blabla ! sur "Le jour où j’ai parcouru 303 kilomètres à vélo !"

  1. Dominique dit :

     BRAVOOOOOOOOOOOOOOOO encore et encore pour cet exploit (car c’est un exploit quand l’entrainement s’est résumé à des “petites” balades de 20 kms….)

    et un grand bravo à tous les participants  !!!!!!!!!! nous avons été heureux de vous applaudir sur le parcours  (oui c’était nous 🙂 et bien-sûr à l’arrivée !

    MEDECINS DU MONDE peut être fier de vous tous !

  2. frogita dit :

    on l’a fait non mais!!!

    Et même si je l’ai pas dit directement, rien de tel que 3 jours d’exploit pour connaitre et apprécier une personne

    Bon on fait mieux l’année prochaine??

    • Marinette dit :

      J’étais partante (2 jours après…) mais plus j’y réfléchis plus je me dis que maintenant, connaissant le parcours, ça va juste être horrible une fois sur le vélo ! (plus la peine d’espérer qu’un jour ce soit plat !!)

  3. cleopat dit :

    chapeau bas !d être allée jusqu au bout !  et à  vous tous !un grand grand bravo !

  4. Clyne dit :

    J’arrive après la bataille mais je voulais quand même te féliciter pour cet exploit !
    Déjà que sans la pluie ça aurait été galère mais dans ces conditions c’est encore plus une prouesse d’être restée jusqu’au bout 🙂
    Bravo !!