Éducation positive, mes fesses

Publié le mercredi 01 août 2018 dans MaRiNeTTe maman !  |  8 Commentaires  | Voter Hellocoton

Excusez l’expression hein. J’ai lu des tonnes de livres sur le sujet. Je suis des tonnes de comptes Instagram au quotidien. Tous plus inspirants les uns que les autres. De ces mamans (et parfois papa), si bienveillants, si heureux et qui semblent vivre le tout si facilement. Et le sujet m’intéresse, me tient à cœur, m’anime, bref, tout ce que vous voudrez. Je mets, non pas un point d’honneur, mais un point de “normalité” dans ma vie quotidienne à appliquer ces bonnes manières avec mes enfants.

 

Parce que cela me semble être le juste chemin. La bonne façon. Souvent. Généralement.

 

Parce que parfois, … il faut l’avouer, c’est autre chose. Et la “normalité” laisse tout de même place à des réactions plus instinctives. Et puis, d’autres fois, on prend un pas de recul. Et on se demande si cette normalité est finalement la bonne voix. En tous cas pour nous. Pour eux. Est-ce que tout cela leur convient vraiment ? Est-ce que cela les aide à grandir comme il se doit ?

 

fatigue-maternelle-marinette-saperlipopette

 

Oh non, je n’écris pas pour ouvrir un énième débat sur les principes d’éducation. Chacun les siens après tout. Même si on aurait tous envie de dire notre mot sur ce qu’il se passe chez le voisin. Je crois justement qu’en devenant parents, on comprend aussi souvent que non, rien n’est jamais acquis, facile, logique. Et que juger le voisin est justement parfois si facile…

 

Je ne veux pas non plus faire une énième guerre à ce monde virtuel. Pour ma part, je l’aime tel qu’il est. Pas toujours réaliste justement. Mais c’est bien indiqué clairement dans l’intitulé, non ? Virtuel ! Je l’aime parce qu’il est beau. Doux. Reposant et inspirant. Parfois culpabilisant ? Pas vraiment il me semble. Le tout est de bien le comprendre. Pour ma part, il me pousse à aller plus loin. À faire de jolies photos. À rechercher le beau. À tenter de me souvenir de ce détail insignifiant de ma journée, comme finalement, un si beau moment et non plus seulement un détail. Et puis, c’est ça justement : ne se rappeler que des beaux moments. Oh on en a des plus difficiles. Mais dans chacun d’eux se cache un petit sourire. Une anecdote rigolote. Un arc en ciel sorti de nulle part.

 

Sauf que, parfois, c’est plus dur que ça. J’ai beau avoir la tête  pleine de ces jolies leçons d’éducation. De ces partages de bonnes pratiques. D’activités plus ludiques les unes que les autres. De ces enfants qui sont si riches de ces jolies découvertes. De tout ce qui m’inspire, finalement, depuis que je suis devenue maman. La compréhension de l’enfant. Et de l’enfance. L’intégration des étapes de développement. L’accompagnement. La présence. L’éducation ou la parentalité positive. La bienveillance. Tous ces mots qui font désormais partie de notre quotidien. Des petites leçons que je raconte parfois à Mr MonChéri. Parce que, je suis sûre que ces méthodes ont du bon. Parce que j’y crois dur comme fer. Parce que je veux de l’écoute et de l’entraide. Parce que je veux des rires dans la maison et des jolis moments à n’en plus finir. Le tout dans le respect de chacun. De l’adulte comme de l’enfant. Parce que ces années passent tellement vite et les forgent pourtant pour l’éternité.

 

Mais parfois, c’est plus dur que ça. Oh oui, j’écoute. Je prête mon oreille. Je réponds. Je lis. Je lis encore. Je dis oui. J’explique. Je me lève la nuit. Chacune de mes nuits. Je donne un bisou sur le front. Et je respecte les soirs où j’entends “non, je ne veux pas de bisou”. Je reste calme. J’accompagne encore. J’interromps ma conversation. Je réponds. Encore. Je prépare les sacs. Je pense aux détails. Je fais des programmes. Je les emmène par ci, par là. Je réponds, encore. Je demande le silence. En expliquant pourquoi. Toujours expliquer. Faire comprendre. Répondre aux questions. Parce qu’il y en a encore, et encore.

 

Parfois je reprends. Je conjugue au bon temps. Je dis non. Mais toujours en expliquant pourquoi. Je fais patienter. Et je tente de divertir pour faciliter.

 

Mais ces derniers temps, je perds patience. Et je vois tout qui danse. Sauf que c’est dans le mauvais sens. La parentalité positive, l’éducation dans la bienveillance, tout cela n’a plus de sens. J’ai beau savoir, y croire, parfois, je n’ai plus la foie. Est-ce vraiment ça, qui nous sauvera ? Parce qu’il y a de ces soirs, où plus rien de va. Ils sont fatigués. On est fatigués. Et tout le monde ne sait plus que crier. Oh oui, c’est bien normal de vaciller, pour mieux se relever. Mais parfois, dans le noir, je me demande comment sortir de là. L’envie de tout envoyer valser. Parce que le positif en soi, n’est pas toujours facile à voir…

 

Nos semaines, à tous, sont plus ou moins faciles, plus ou moins longues, fatigantes, éreintantes. Notre patience a des limites parfois plus facilement franchies. Les week-end en famille s’en ressentent. Mais souvent, les week-end difficiles se terminent sur une note positive. Et puis… demain sera un autre jour ! On le sait bien. Si l’enfant s’est levé du mauvais pied ce matin, la nuit sera un bon remède avant le lendemain. Mais voilà. Ici, on enchaîne les semaines difficiles. Et les week-end souvent encore pire. On se fatigue autant qu’ils nous fatiguent, même si j’ai honte de le dire. On a pensé à la fatigue, les changements à la garderie, nos conversations de grands trop présentes, les changements à venir trop compris, la chaleur accablante, le rythme effréné de l’été, les nuits plus courtes, le trop plein d’activités. ou à l’inverse les journées trop enfermés.. mais rien n’y fait.

 

Voilà des semaines qui s’enchaînent et je finis par me questionner sur notre façon de les accompagner.

 

Où donc a-t-on loupé ?? Parce qu’hier soir, crier a été ma seule idée… (même si c’est toujours suivi de grands regrets). 

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    8 Blabla ! sur "Éducation positive, mes fesses"

  1. annouchka dit :

    Hello Marine,

    Ton post me touche et m’interpelle car je me suis beaucoup reconnue dans tes mots… Je me sens moi aussi souvent tiraillée entre mon idéal d’éducation, à savoir des enfants heureux, épanouis et toujours contents, et la réalité : des enfants pas toujours contents, fatigués et fatigants, parfois ingrats… C’est tellement compliqué d’être parent, c’est un don de soi et quelques sacrifices qui ne sont pas toujours reconnus ! Moi aussi je suis souvent partagée entre cette notion de bienveillance que j’aimerais appliquer mais aussi cette idée que les enfants ont besoin d’un cadre et qu’un peu d’autorité n’a jamais tué personne 🙂 Alors dans ces moments où je doute, je pense à mes parents et à la manière dont ils m’ont moi-même élevée, avec des valeurs universelles et intemporelles. Ce sont eux qui me guident et non pas ce que je vois sur Instagram (c’est vraiment le pire je trouve Instagram, les enfants ont l’air de sortir d’un conte de fée et les mamans d’avoir avalé une pilule de gentillesse et de patience éternelle). Bref, tout ça pour dire que tu dois te faire confiance, le simple fait que tu te poses toutes ces questions prouve que une tu es super maman, soucieuse du bien-être de ses enfants !

  2. Reinou dit :

    Une photo sur insta, c’est un tout petit moment suspendu dans le temps, préparé et soigneusement choisi.
    J’ai 3, bientôt 4 enfants, 2 de 3 ans et demi et une de 1 an et demi. J’adhère aux principes de la parentalité positive. Ça fonctionne bien sur le papier mais c’est loin d’être aussi probant dans la réalité. Comme toi, en ce moment, je me demande souvent où je me suis plantée avec les grands. C’est les vacances, le rythme est différent et il va y avoir beaucoup de changements dans notre vie de famille. Ce qui me rassure c’est qu’on traverse tous des périodes difficiles avec nos enfants quelques soient nos principes éducatifs. Ceux qui disent le contraire mentent où vivent dans une autre réalité.
    Tu te remets en question, c’est que tu es une bonne maman qui veut faire de son mieux. Après tout, chaque enfant est différent et c’est bien pour ça qu’il n’existe pas qu’une seule méthode.
    Courage, il paraît que ça passe

  3. Reinou dit :

    Une photo sur insta, c’est un tout petit moment suspendu dans le temps, préparé et soigneusement choisi.
    J’ai 3, bientôt 4 enfants, 2 de 3 ans et demi et une de 1 an et demi. J’adhère aux principes de la parentalité positive. Ça fonctionne bien sur le papier mais c’est loin d’être aussi probant dans la réalité. Comme toi, en ce moment, je me demande souvent où je me suis plantée avec les grands. C’est les vacances, le rythme est différent et il va y avoir beaucoup de changements dans notre vie de famille. Ce qui me rassure c’est qu’on traverse tous des périodes difficiles avec nos enfants quelques soient nos principes éducatifs. Ceux qui disent le contraire mentent où vivent dans une autre réalité.
    Tu te remets en question, c’est que tu es une bonne maman qui veut faire de son mieux. Après tout, chaque enfant est différent et c’est bien pour ça qu’il n’existe pas qu’une seule méthode.
    Courage, il paraît que ça passe

  4. Christine dit :

    Coucou Marinette, Saperlipopette,

    Perso, je pense que l’on se retrouve tous dans ton “coup de gueule”.
    Stop à la culpabilité que la société nous renvoie. Une bonne question à se poser : “Qu’est-ce que la normalité ?”. Moi je préfère que mes enfants ne soient pas “formatés” comme la société (souvent hypocrite) le souhaiterait.
    Il n’y pas de bonnes formules pour l’éducation des enfants (enfin si, pour ma part, être intransigeante sur le respect et les mots magiques…).
    Chaque enfant est différent et se construit différemment même si on leur donne la même éducation. J’ai 2 enfants et l’aîné est complètement différent de son frère et c’est pareil dans toutes les familles ! De plus, dès l’origine, c’est différent car nous ne vivons pas les grossesses de la même manière.
    Il n’y a pas de formule type d’éducation non seulement parce que les enfants sont tous différents mais aussi parce que nous parents, nous avons des histoires différentes, une culture familiale différente, une éducation différente dans un monde différent, des “antécédents” familiaux et que que tout cela influence la façon dont nous élevons nos enfants.
    Ainsi, on ne peut juger de l’éducation des autres comme on ne peut se laisser juger.
    Donc voilà, je ne vois pas comment autant de “différences” peuvent se retrouver dans une soi-disante normalité.
    Cela m’arrive souvent de crier, je sais que ça ne sert à rien mais c’est ainsi, nous ne sommes pas des robots. Cela m’arrive aussi de leur dire : “Et puis merde !” En leur disant que ce n’est pas bien de dire cela, je suis désolée, mais stop, je n’en peux plus et ça fait du bien !!
    L’important c’est d’être là pour d’eux, de les accompagner au mieux que l’on peut, de leur donner tout notre amour et d’accepter que les enfants soient ingrats !! Mais malgré tout, c’est que du bonheur !
    Enfin bref, pour résumé, il n’y a pas de mère parfaite. Et donc pour finir, je citerais le titre du livre de Anne-Sophie et Marie-Aldine Girard : “La femme parfaite est une connasse !”

  5. Weena dit :

    C’est bien un des problèmes de “l’éducation bienveillante” … y’a la théorie – toute belle, lisse, sans accro – et la réalité … et puis, à quel moment on dérive de bienveillant à laxiste? Le plus dur, ce n’est pas de faire selon les normes, mais trouver nos propres limites, celles qui nous correspondent …
    Bon courage pour cette phase difficile

  6. Ninon dit :

    Oh… comme je me retrouve dans ce billet !
    On a beau y croire dur comme fer, il y a toujours un moment où l’on est confronté au fait que là, maintenant, tout de suite, ça ne marche pas, et le doute arrive vite : et si en fait, ça ne marchait pas tout court, et si l’on faisait fausse route, si l’on s’en mordait les doigts pour les 25 années prochaines ?

  7. L’éducation bienveillante m’a fait revoir certains de mes principes et je pense que je suis aujourd’hui une meilleure maman. Mais je pense aussi que les enfants doivent avoir des limites et qu’il faut savoir hausser le ton quand c’est nécessaire.

    L’apprentissage de l’enfant inclut aussi l’apprentissage de la vie en société, et un enfant de 2/3 ans doit apprendre que dans la rue on ne fait pas ça, qu’on reste calme quand on est au restaurant, dans le train, dans le bus. Même en lui expliquant parfois ça ne suffit pas. Mais je suis sure que ça marche avec des enfants plus grands.

  8. Elisa dit :

    En te lisant, je me dis que la solution doit être un mélange entre ces principes et l’instinct mais je suis dans le même état que toi aujourd’hui. Peut-être qu’il faut se rappeler sans cesse qu’on fait ce que l’on peut et qu’on n’est pas des machines…Courage à toi.