Le soir

Publié le dimanche 12 février 2017 dans MaRiNeTTe maman !  |  2 Commentaires  | Voter Hellocoton

Le soir…

 

C’est toujours un peu spécial dans une journée de maman. Comme si c’était le moment que tu appréhendais toujours.

 

J’ai pour ma part toujours cette interrogation de savoir comment cela va se passer. Combien de temps cela va-t-il prendre ? Quand vais-je être “libérée” ?

 

Les moments avec lui étant pourtant toujours trop limités, une fois terminés. Il faut avouer qu’il y a souvent cette impatience. Celle de passer à table qui annonce le vrai début “du soir”. Celle ensuite de monter les escaliers. Qui nous rapproche un peu plus du moment du coucher. Parfois on va directement à la salle de bain. C’est comme qui dirait gagné dans ces cas là. Mais détrompe-toi, ce n’est pas toujours pour autant le cas. Toujours est-il que c’est une étape de plus. Pyjama, lavage de dents, gouttes (prendre les gouttes de vitamines D chez nous est un vrai signal qu’on est prêts pour aller dormir !).

 

Le bisou à maman. Le bisou à papa. Debout, sur la table à langer. C’est presque le seul moment où Mister Caribou accepte de nous faire un bisou. Bien que depuis quelques jours temps, ce point n’est plus si vrai. Ça s’en vient. Et puis parfois ça s’en va aussi. Après ça on l’attrape dans nos bras. “Les bras, les bras, les bras”. Certains soirs j’arrive à esquiver ce moment. Généralement non. Celui qui est assigné aux bras devient alors le responsable du coucher – phase finale.

 

Direction la chambre.  Dernière étape. On allume la musique. On le pose dans son lit. Et y’a plus qu’à espérer. La tête qui plonge dans le lange (aka “doudou” (et même “doudoune” depuis quelques semaines – mon fils devient bien trop québécois)), et Mister Caribou qui s’allonge de tout son long. Gagné ? Pas toujours pour autant !

 

Jusqu’en septembre (et ses 17 mois), Mister Caribou était le petit garçon (le bébé même !) le plus facile du monde à coucher. Le soir. On le déposait dans son lit à barreaux. Il nous faisait un grand sourire. On le regardait un instant. Tous les deux sous le charme de ce bébé si mignon. Si facile. Je lui glissais quelques mots d’amour. Et on tournait les talons. On l’entendait gazouiller derrière la porte. Au rythme de la musique. Parfois râler un peu. Souvent parler de son petit langage incompréhensible. Et puis, généralement, au moment où la musique s’arrêtait, plus un bruit. Le coucher si facile. Ma tête qui repassait dans l’entrebâillement de la porte pour reprendre une dose de lui. Savoir comment il s’était installé. Et puis, à nous alors la soirée. On ne mangeait pas encore tous ensemble à table à ce moment là. On profitait donc d’un dîner à 2, à se raconter nos journées. Avant de vaquer à nos occupations. Film, ordi, lecture, couture, ou travail. Mais un peu de temps dans tous les cas, avant de rejoindre Morphée.

 

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Désormais, celui qui gagne le coucher est assigné à résidence. Interdiction de quitter la chambre de notre Mister Caribou jusqu’à ce que lui-même rejoigne Morphée. Et si parfois en 10 minutes c’est plié (on ressort alors avec ce sourire victorieux en entendant le “Mais comment t’as fait ?!” de l’autre) (comprendre donc par là que c’est plutôt un cas rare), il en faut bien souvent plutôt 30 (de minutes), lorsque ce n’est pas 45.

 

Des minutes parfois interminables, à attendre, dans le noir, avec la musique entêtante, qu’il faut aller rallumer, à 1, 2 ou 3 reprises. Des minutes où il faut se faire discret tout en étant présent. Des minutes où parfois le Caribou nous sollicite. La couverture. Plus de couverture. L’ours. Plus d’ours. Non, ici l’ours. De l’eau ? Allez, la couverture de nouveau. D’autres fois, le plus souvent d’ailleurs, notre simple présence à ses côtés est suffisante. Quoi qu’il arrive, je ne sais vous dire pourquoi, la résidence sur le fauteuil proche de son lit est obligatoire. On ne peut le quitter sous aucun prétexte. Et je ne sais comment faire changer ça. (Et pourtant Mister Caribou est totalement capable de se réveiller puis se rendormir seul en pleine nuit – ma grande crainte à l’arrivée de ce nouveau rituel qu’il nous a imposé – même si on a parfois besoin de se lever, que certaines nuits restent plus compliquées que d’autres, dans l’ensemble, je crois que nous n’avons pas à nous plaindre…).

 

Parfois ça semble gagné. Et, puis, la musique qui s’arrête au mauvais moment. Ou bien le parquet qui craque sous un pas un peu trop précipité pour s’échapper. Les yeux qui s’ouvrent. La petite voix qui s’élève. Et c’est reparti pour un tour.

 

Mister Caribou n’est pourtant pas difficile pour dormir, en réalité. Il a eu cette période en septembre, où tout a changé, sans qu’on ne sache vraiment l’expliquer. Ces quelques longues soirées, et longs débuts de nuits. Ces crises à n’en plus finir. Incompréhensibles. Et notre petit incalmable. Mais qui sont parties presque comme elles étaient arrivées. On a retiré les barreaux du lit. On lui a offert une liberté dont il a tenté de profiter pour nous tester les quelques premiers jours. On a failli craquer et tout remettre. Puis il a pris les marques de ce nouveau coucher. Et à de rares exceptions près, une fois posé dans son lit, il ne tente pas de s’en échapper. Il nous raconte parfois sa vie. Il nous mène en bourrique. Il joue avec ce qu’il trouve autour de lui. Il chante et se dandine dans tous les sens, quand nous, on attend une seule chose : retrouver notre liberté.

 

Mister Caribou n’est pas difficile pour dormir, mais le coucher est pourtant souvent le moment difficile. On n’est maîtres de rien. Il est maître de notre temps. Notre énergie s’évapore en même temps que la sienne. On sort de là avec une seule idée en tête : se glisser sous notre propre couette. Autant vous dire que nos soirées ne sont désormais plus remplies de liberté.

 

Et pourtant, pendant ces longs instants, que j’aime l’observer. L’écouter respirer. Et parfois dans sa tête m’imaginer.

 

(La semaine prochaine, gros changement d’organisation : on change de chambre, et de lit pour Mister Caribou… affaire à suivre sur cette histoire du coucher !)

 

 

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    2 Blabla ! sur "Le soir"

  1. Weena dit :

    Ah, le coucher … quel histoire …
    Justement, est-ce que vous avez essayez d’introduire une histoire dans le rituel? ça lui permettrait d’avoir un temps privilégier avec celui qui le couche ;-). Chez moi, la question sera plutôt quand et commet introduire cette histoire dans le rituel de LutinCoquin qui pour l’instant est sur le même mode que Mister Caribou au début.
    Ensuite, quand on a ouvert de lit de FeuFolet vers 18 mois, la consigne était simple : il est21h, il a eu son histoire, il a sa veilleuse, mais il peut ressortir du lit pour jouer. Et comme pour la sieste, on entend bien certain soir que ça gigote à l’étage. Je pensais le trouver endormi sur son tapis, mais il a toujours rejoint son lit avant. Parfois, il me rappel pour le border un peu plus tard dans la soirée, ça me prend 10 minutes et c’est bon 😉
    Depuis quelques semaines, il ne veut plus que j’éteigne la guirlande lumineuse qui nous sert d’ambiance pour la lecture du soir, donc je passe l’éteindre quand je vais me coucher. Je lui ai mis une veilleuse sur prise, mais je la trouve faiblarde pour le rassurer la nuit.
    En espérant t’avoir donner quelques pistes. Bon courage

    • Marinette dit :

      Merci pour le témoignage ! Et tu as bien raison : nous n’avons pas d’histoire à l’heure du coucher. En réalité, le moment entre le retour de la garderie et le dîner est pas mal consacré à lire des livres, rien de forcé, on peut faire autre chose de moins calme aussi, mais notre Mister Caribou adore fouiller dans sa bibliothèque et nous réclamer ses histoires préférées. C’est certainement l’activité qu’on fait le plus avec lui et qui nous occupe de longs moments. Alors c’est vrai qu’après le dîner, on enchaîne sur le coucher sans reprendre une histoire, sauf s’il est un peu plus tôt que d’habitude, ou si on sent que notre loulou n’est vraiment pas d’humeur à aller au lit et qu’il réclame autre chose.
      Le problème ici, si on le laisse seul dans sa chambre, ce sont les cris perçants au moment de quitter la pièce comme si on venait de lui faire le plus terrible des affronts. Puis, il ne reste pas jouer dans sa chambre. Il nous suit en courant. Toujours en hurlant… (Mais on est peut-être sur une étape d’évolution : on a réussi à quitter la pièce à plusieurs reprises ces dernières semaines, même s’il a fallu revenir par la suite, il y a du mieux je crois… A suivre avec ce changement de chambre le week-end prochain, j’espère qu’on ne va pas perdre ces jolis progrès !)