La première nuit

Publié le mardi 18 juillet 2017 dans MaRiNeTTe maman !  |  5 Commentaires  | Voter Hellocoton

La première nuit… Celle qui a eut ce goût amer. Entre rêve et réalité. Celle que nous imaginions à la maison. Avec un Mister Caribou qui venait de rencontrer son petit frère. Celle que nous imaginions toute douce, même si peut être un peu éprouvante. Celle à laquelle j’ai pensé des dizaines de fois, en imaginant ton arrivée. Parce que c’était sûr : cette première nuit serait chez nous, tranquillement installés, et en famille. Bien loin de la première nuit de notre Mister Caribou, que j’avais tant détestée ! Une nuit à la maternité, à me sentir surveillée. Une nuit au milieu du balais incessant des infirmières, sauf le moment où tu souhaiterais les voir. Une nuit où on me l’avait réveillé à 3h du matin, alors que je venais de réussir à l’endormir, et enfin m’assoupir par la même occasion. “Parce que la pesée madame, ça doit être fait à heure fixe, et ici, c’est à 3h (du matin)” (Seriously !!).

 

La première nuit… c’était hier et pourtant déjà si loin.

 

Il y a eu cette première nuit à l’hôpital. La première nuit loin de tout ce qu’on avait imaginé. Ton papa rentré à la maison pour retrouver celui qui était désormais grand frère, et faire le plein de sommeil – s’il le trouvait – après cette journée hors du temps. Ce nouveau grand frère finalement parti dormir chez les copains pour sortir de cette atmosphère pesante. Toi et ton si petit lit. Tes petits fils. Les moniteurs qui bipent. La copine venue me rendre visite, et surtout m’apporter un sac de sauvetage, pour justement passer cette première nuit qu’on n’avait pas anticipée. De quoi manger aussi. Puisqu’on avait un peu oublié aujourd’hui.

 

Bebe-dodo-nuit-marinette-saperlipopette

 

La première nuit qu’on a finalement tous passée chacun de notre côté. Ta chambre n’ayant pas de lit pour moi.

 

Traîner là sur le fauteuil à te regarder dormir. Avant de me décider à traverser ce long couloir. Celui qui me sort de la pénombre. Celui plein de lumières agressantes. Celui qui nous rapproche du monde. Même si cela reste le monde hospitalier. Celui qui nous rappelle qu’il faut aller s’allonger, parce que oui, j’ai tout de même accouché, ce matin.

 

Mais ce matin, c’était presque une autre vie.

 

La première nuit passée si près de toi et en même temps si loin. De l’autre côté du couloir. Dans cette petite chambre noire. La cellule de prison. Ma petite cellule. Pour rester là avec toi. Même si pas vraiment avec toi.

 

La première nuit aux réveils nocturne agités. Et pourtant loin des cris de bébé que je devrais normalement entendre. Le couloir à traverser, pour aller te voir. L’interphone où il faut sonner. Les couloirs noirs. Les infirmières qui me regardent. Le chien errant c’est moi.

 

La première nuit et son matin qui s’en vient. Le réveil plus difficile. C’était vrai. Je suis là. Tu es là. On est là.

 

Bebe-dodo-nuit-marinette-saperlipopette

 

Et puis…

 

La première nuit que je passe finalement près de toi. Pas de lit ce soir. Pas de cellule de prison. Mais pas de répit non plus. Le fauteuil pour seul support. Et le balais incessant des infirmières à ton chevet. Les bips des moniteurs. Les lumières dans la pénombre. La douche à aller prendre au bout du couloir.  L’interphone encore. Retrouver la pénombre. Ta pénombre. Patienter pour entamer une journée de plus.

 

La première nuit où j’ai décidé de rentrer à la maison. Parce que, à quoi bon être ici ? De l’autre côté de mon couloir. Je ne suis ni avec toi. Ni avec lui. Je veux être là mais finalement ne le suis plus pour personne. Et ça sert à quoi ? Le départ. Te regarder comme si c’était la dernière fois. L’heure perdue dans les transports. Ton frère heureux de me voir mais qui veut finalement papa. Le réveil bien trop tard. Vouloir le voir mais dans ma tête n’être qu’avec toi. Et puis, une fois avec toi… tellement penser à lui…

 

La première nuit à m’occuper de toi. Plus d’infirmière 24h sur 24. Des passages par ci par là mais sinon c’est juste toi et moi. Un bébé qui boit. Un bébé qui se réveille. Un bébé qu’il faut changer, cajoler, écouter. Un bébé qui me réveille. Mais toujours ces moniteurs au-dessus de ma tête. Le bruit et la lumière. La sécurité mais le stress du chiffre qui baisse. Ce mélange inexplicable. Et l’envie de quitter tout ça puisque tu en es tellement capable !

 

La première nuit à la maison. Oh non, pas dans ton lit quand même. Installation sommaire pour te garder près de moi. Parce que finalement, une fois loin des câbles et des lumières, loin du balais médical, loin des voix qui étaient parfois rassurante finalement, et benh… c’est l’angoisse lorsqu’il fait noir.

 

La première nuit de tempête qui recommence. Celle où je comprends que ce sera comme ça maintenant. Comme un second réveil le lendemain matin. L’épée de Damoclès qui reste bien au-dessus de la tête.

 

Et puis…

 

La première nuit dans ton lit. Le vrai. Dans la chambre avec ton frère. La première nuit comme on l’imaginait. Même si 3 mois après.

La première nuit à vouloir croire que tout va bien. Que tout ira bien. Parce que, dis, désormais, c’est vrai ?

La première nuit la porte ouverte, à tendre l’oreille encore un peu plus loin.

La première nuit comme si de rien n’était. Comme si on recommençait. Comme si on commençait.

La première nuit du début de la fin ? D’une fin ? Mais pour le début d’une vie. Une vie à sourire. Ta vie. Une  vie à 4. Faite de toi. De moi. De lui. De nous. Notre vie à 4.

 

Bebe-dodo-nuit-marinette-saperlipopette

 

La première nuit et toutes les autres avant celle-ci. Différentes. Parfois comme on voulait. Parfois loin de ce qu’on imaginait. Mais des nuits ensemble. Des nuits à toi. À moi. À lui. À nous. Des nuits de nous. Celles qui construisent l’histoire. Ton histoire. Celles qui seront quand même en images, des souvenirs tendres de tes premiers moments.

 

 

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    5 Blabla ! sur "La première nuit"

  1. mariececg dit :

    Un beau message d’amour d’une maman à son enfant. J’espère que les autres nuits seront plus calmes, plus sereines et comme vous les imaginerez. J’espère qu’elles seront toutes des premières nuits, car à chaque nouveauté, se crée les souvenirs.

  2. Un magnifique résumé de vos premiers mois agités, bien loin de ce que vous aviez imaginé ! Je vous souhaite que tout s’apaise et j’espère que vous aurez plein plein de belles nuits paisibles à venir !

    Virginie

  3. Oh tes mots me rappellent des souvenirs un peu tristes, notre première nuit à quatre, c’était aussi chacun de son côté, trop vite (et quand on a eu une césarienne, on ne peut même pas faire des visites nocturnes). Par contre nous n’avons pas encore oser mettre les deux enfants dans la même chambre, trop peur de perturber le sommeil du grand (et puis encore besoin d’avoir le petit tout à côté de moi pour rattraper un peu le manque).

  4. Ton texte me mets les larmes aux yeux…