Le quai de la gare…

Publié le lundi 10 août 2009 dans Blabla de fille  |  6 Commentaires  | Voter Hellocoton

… Je ne l’aime pas ! En fait, il y a quelques temps de cela, et je devrais même dire quelques années, pour être juste, j’avais une réflexion sur ce qui ponctuait ma vie. A l’époque, j’avais en effet l’impression que ma vie était ponctuée par mes visites à l’aéroport. Mes départs à l’étranger en fait. Mais c’est surtout cet instant précis, où tu dois dire au revoir. L’instant où tu dois te décider à partir, te dire que c’est le dernier bisou, le dernier regard, le dernier mot. Ta gorge qui se sert, le courage que tu prends, ou essaye de prendre. Et puis le départ, réfléchir au temps qui vous sépare, à comment tu vas gérer ça, te dire que non, ce n’est pas possible.

A l’époque j’avais donc l’impression de vivre dans l’aéroport. Enfin surtout juste après ce moment là précisémment, parce que sinon, benh, la vie, elle continue, puis partir était un choix. Et un très bon choix. Ma vie ailleurs m’a apporté pleins de choses. Mais c’est un autre sujet.
A l’époque donc, je repensais à tous ces au revoir avant de prendre l’avion. Je pensais aussi aux suivants qui viendraient. Je pensais à comment ils avaient influencé et changé ma vie.


Puis un jour, le dernier est arrivé. J’ai raccompagné Mr MonChéri à l’aéroport de New York après la visite qu’il était venu me rendre. Et sur le trajet du retour vers mon chez moi New Yorkais, je me suis dit que c’était la dernière fois. Dernier au revoir, qui tout aussi difficile qu’il soit, fait presque plaisir, quand on se dit que la prochaine fois qu’on va se retrouver, ce sera pour de bon !

Mais c’était sans compter que Mr MonChéri et moi ne sommes vraiment pas synchrones… et je vous en ai déjà parlé.

Maintenant, mes aéroports se sont transformés en gares. Et ce n’est bien souvent plus moi qui m’en vais. Mais est-ce que cela change vraiment quelque chose ? Parce qu’au final, je finis quand même par quitter cette gare, le coeur lourd, même si ce n’est pas moi qui vais “ailleurs”.
Alors ce week-end, je me refaisais cette réflexion : ma vie en ce moment est ponctuée par les au revoir sur les quais de gare.
Des au revoir qui sont certes pour des périodes beaucoup plus courtes qu’auparavant. Les trains passant plus souvent et plus rapidement, mais surtout étant beaucoup moins chers que les avions.
Des au revoir généralement pour 2 semaines.
Mais des au revoir quand même. Un quai de gare quand même. L’un qui monte dans le train. L’autre qui reste sur le quai, à ne pas savoir quoi faire. A quoi bon attendre de voir le train partir ? Mais pourquoi partir maintenant alors qu’il ne reste que 2 minutes à attendre ?

Je n’aime pas les au revoir sur le quai de la gare ! Je n’aime pas tenter de montrer que tout va bien, ou même juste me sentir bien, alors que 2 minutes après c’est la gorge qui se sert, les yeux qui brûlent, le visage qui se détourne. Parce que oui, c’est que pour 2 semaines, mais c’est quand même un au revoir, et dans 2 semaines et 2 jours, il y en aura un autre qui suivra.


Le au revoir sur le quai de la gare, ce n’est pas qu’un simple au revoir.
C’est le temps qu’on passe avant, ce temps où on sait qu’il nous est justement compté.
C’est le vendredi soir où on ne sait pas bien si selon l’organisation de chacun, cela va être possible de se retrouver.
C’est ce “ne pas se retrouver” qui signifie une soirée de moins ensemble, soirée qui même si elle débute à 23h compte beaucoup lorsque le temps ensemble ne compte même pas 48h.
Le au revoir sur le quai de la gare, c’est passer du temps ensemble en sachant que demain on sera séparés. Se dire qu’il faut que tout se passe bien. Faire la tête et s’en vouloir aussi sec.
Le au revoir sur le quai de la gare, c’est avoir passé un bon week-end mais rester avec ce goût amer.
Le au revoir sur le quai de la gare, c’était la semaine dernière, me dire que je ne l’avais pas assez vu du week-end, et courir le rejoindre, sur ce quai, juste pour partager 1/2 heure ensemble, pour 1h 1/2 de transport. Le retrouver, la gorge serrée. Marcher ensemble. Regarder ce train qui va l’emmener. Puis le voir monter. Me dire qu’il est l’heure d’y aller, moi aussi.
Le au revoir sur le quai de la gare, c’était hier à Bruxelles. Avoir passé un bon week-end mais finalement se retrouver, là, au point de départ. Prendre le train, en même temps, mais chacun dans un sens…

Mon quai de la gare, il ne semble pas avoir de fin. Il va ponctuer ma vie encore pendant un moment. Une année, peut-être plus ?

Et aujourd’hui, je suis fatiguée de voir ce quai de gare.

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    6 Blabla ! sur "Le quai de la gare…"

  1. Jennie dit :

    Mon au revoir à moi se prolonge, c’était pas plus tard que le weekend dernier. Moins de 48h ensemble après tant de temps sans se voir.

    Se retrouver un weekend à Bruges, être amoureux, le temps est compté alors aucune séparation possible: un weekend pot de colle – les réveils irréels, les mains toujours ensemble, les baisers qui s’échappent et courent partout, les câlins spontannés, les conversations sans fin, les sourires et les regards timides qui dévient sachant pertinemment que le temps file trop vite.

    Et puis ce quai de gare où on arrive 45 minutes à l’avance. Chaque minute où nos corps se collent, où les regards ni la parole ne sont plus. Il aurait pourtant suffit d’un mot pour que je monte dans ce train. Celui qui conduit à Francfort alors que le mien dans une heure me conduira à Paris. Deux directions opposées pour deux êtres si proches. Mais non.

    La montée dans le train, lui traverse le wagon à la recherche d’une place, moi sur le quai parcourt le même chemin. Puis le regard à travers la vitre. Le sourire, le regard pour dire que tout va bien se passer. A l’intérieur je sens me décomposer. Le train démarre, la vitre s’échappe et mes larmes se libèrent. Je me replie sur moi-même dans une violente douleur, mes mains se retiennent au carrelage gelé du quai pour soutenir mon corps. Quand je relève la tête, le train n’est plus. Mon coeur lui aussi s’en est allé avec lui. Je me sens vide.

    On ne s’est rien promis. On ne sait pas quand on se reverra ni si on se reverra. Pour l’instant c’est le souvenir partagé d’un weekend parfait. Une parenthèse dans nos vies, mais si parfaite soit elle, pourquoi la refermer?

  2. Bridget dit :

    J’ai vécu ça pendant 6 mois seule à y aller, avec dans l’impossibilité que lui ne m’accompagne jusqu’à la gare…

    Mais j’avais une date, je savais qu’on allait se retrouver pour construire enfin quelques chose.

    Il faut savoir apprécier les moments, la distance a cet avantage de nous faire vivre des moments intenses, puissants que procure entre autre le manque.

    Mais j’avoue rien ne vaut sa présence au quotidien.

    Je compatis, bon courage.

    • Marinette dit :

      Merci ! Mon dernier “au revoir” en date était cette fois-ci à l’aéroport. Comme quoi en un peu plus d’un an, la situation n’a pas évoluée… même si on change de quai ! Mais cette fois-ci c’est censé être le dernier. La date est prise pour septembre. J’espère vraiment… (et du coup c’est effectivement plus facile à vivre, même si en plusieurs mois de son absence… il y aura des bas, j’ai mnt ce p’tit rêve qui je sais deviendra réalité)

  3. Danysworld dit :

    Coucou ma belle!!! Et bien dit donc, on sent bien la lassitude et la lourdeur du poids sur le coeur de ses “au revoir” sur un quai ou tarmac!!! J’espère vraiment que ces periodes passeront vite et que vous vous retrouverez bientôt !!!@++Bizz