Devenir adulte

Publié le lundi 19 janvier 2015 dans MaRiNeTTe maman !  |  10 Commentaires  | Voter Hellocoton

D’aussi loin que je me souvienne (ou presque), j’ai quasi toujours eu l’impression de “devenir grande”.

 

Je me souviens la veille de mes 10 ans, avoir pleuré au fond de mon lit, parce que, le lendemain, j’allais “devenir grande”. Terminé le monde des petits. 10 ans me semblait être l’âge de ces enfants qui sont déjà un peu vieux. De ces enfants qui ne sont finalement plus vraiment des enfants. Et ça me semblait m’arriver un peu trop vite ! Finie l’insouciance. Bonjour les premières responsabilités ?

 

adulteCrédit visuel : Bull’Elodie

 

Je me souviens cette entrée au collège, ma maman qui réalisait que ça y est, plus une de ses filles n’était “son bébé”. Et nous qui croisions chaque matin ces “grands” du lycée. Ceux qui nous semblaient déjà adultes, si grands, si différents de nous ! On redevenait alors “les petits” de cette nouvelle école. Et c’est sûr que je devais avoir l’air bien gamine, mes Doc Martens vertes aux pieds (ou mes AirMax blanches et fushia, au choix !), mon sac bordeaux sur une épaule, et mon pantalon à carreaux flambant neuf !

 

Et pourtant, je me souviens, lorsque, 4 ans plus tard, c’était à nous de devenir “ces grands”, en faisant notre entrée au lycée, je ne pouvais m’empêcher de penser qu’on était devenus des grands à la tête de gamins. Toujours cette même tête qui nous collait au visage. Alors que eux, à l’époque, avaient l’air si adultes ! Et pourtant je devenais forcément “l’adulte” pour quelqu’un d’autre. Pour nous, les vrais grands maintenant, c’étaient ceux de terminale. Encore bien loin de nous. Et en même temps si proches.

 

Puis la terminale. Puis le bac. Puis le choix des études. Puis…

 

Je me souviens des premières vacances avec Mr MonChéri et nos amis. Et ses parents aussi, certes, mais sans les miens ! Mon père qui m’avait dit “Passe ton bac et ramène nous une mention d’abord” quand j’avais soulevé l’idée quelques semaines plus tôt. Puis sa tête en me laissant finalement à l’aéroport, quelques semaines plus tard, pour aller rejoindre tout le monde en Espagne, comme une grande !

 

Je me souviens des premières visites pour cet appart. Mon appart. Mon chez moi. Le premier. Je me souviens de cette discussion “Mais si maman, tu ne réalises pas, c’est inenvisageable de faire le trajet jusque Paris tous les jours”. Je ne me souviens plus vraiment de mon installation. Je ne me souviens plus vraiment de cette première nuit, “chez moi”. Mais je me souviens bien que ça y est, là, j’étais vraiment une grande. Mon indépendance (ou presque) gagnée. Mes horaires, mon programme. La charge de moi-même comme une nouvelle responsabilité. Les baby-sittings, les sorties, mes propres courses alimentaires, le métro chaque matin pour aller en cours, les premiers verres d’alcool aussi sans cette inquiétude de savoir si ça se sentirait encore une fois rentrée “à la maison”, puisqu’il n’y avait plus de parents à aller embrasser ! (Bisous quand même maman qui me lit !). Les retours sans horaires (ou parfois avec l’horaire du premier métro) (mais promis, jamais un cours loupé le lendemain pour cause de soirée trop difficile, contrairement à beaucoup !). La vie de grande en somme.

 

Je me souviens des premières vacances rien qu’à 2 avec Mr MonChéri (c’était à Prague), notre premier voyage géré par nous de A à Z. Comme de vrais adultes. Mes premiers pas en entreprise, aussi. Ce moment où tu te dis que c’est finalement peut-être seulement là que tu deviens grande, parce qu’on compte sur toi !

 

Je me souviens de mes premières virées prolongées à l’étranger. Milan pour un stage de fin d’année. Le foyer et son couvre-feu réservé par mes parents qui voulaient avoir l’esprit tranquille, bien vite échangé contre un appart en coloc, San Diego quelques mois plus tard, un décalage horaire de 9h qui rendait la distance encore plus folle, le choix d’un nouvel appart, l’achat d’une voiture, les virées à Tijuana, de l’autre côté de la frontière, parce qu’on n’était pas encore majeurs pour les US. Les week-end prolongés à l’aventure. La liberté. La vie de grande, encore. L’Italie de nouveau. New-York aussi. Faire sa vie en somme.

 

Et puis le vrai monde du travail. Mon premier CDI. L’achat d’un appart. Les responsabilités, les vrais. Être adulte. Pour de vrai ? Je ne sais plus trop… (Mais je croyais !)

 

Je me souviens en arrivant iciMontréal), l’an dernier, lorsqu’au boulot on m’a remis une carte AmEx. Ce truc bête. L’image de mon père qui sortait la sienne en voyage, dans les aéroports notamment, lorsqu’on était petites. Ce truc qui signifiait tellement “réservé aux vrais grands”. Alors je me suis dit que depuis le temps, c’était le signe, j’étais finalement moi aussi une vraie grande.

 

Et puis… Juillet dernier. Je me souviens de ce soir là dans la salle de bain. Les responsabilités dans la face. La difficulté à réaliser tout ce que ces 2 traits affichés devant mois signifiaient / entraînaient.

Une rue traversée le lendemain matin. Ma tendance (de “maudit Français”) à passer au rouge. Le réflexe, pour une fois, d’attendre le vert. Me dire que je n’étais plus que moi. Qu’il fallait que je devienne responsable. Adulte en somme. Comme si on venait de me donner 9 mois. 9 mois pour réaliser que j’ai grandi avec le temps, mais jamais je n’ai vraiment été adulte puisque je ne me suis toujours (pré)occupée que de ma petite personne. Est-ce que, être adulte, ce n’est pas, finalement, ne plus être en charge uniquement de soi, devenir responsable de quelqu’un d’autre aussi, et faire sa vie autour de ça, pour ça ?

 

Alors finalement, je crois que je deviens seulement maintenant une vraie adulte. Encore 2 petits mois de répits, et une nouvelle vie de grande qui m’attend. Qui nous attend. Doucement. On se prépare.

 

Allez, viens, on va enfin être adultes baby !   

 

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    10 Blabla ! sur "Devenir adulte"

  1. J’ai eu le même cheminement que toi avant la naissance de ma fille. Mais si le poids des responsabilités te tombe dessus (surtout le weekend à 8h alors que tu ferais bien la grasse mat’), il me reste aussi parfois l’impression que nous avons fait des enfants pour qu’ils fassent partie de notre bande d’adulescents un peu attardés 😉
    Dans tous les cas, je te souhaite une très belle fin de grossesse !

    • Marinette dit :

      C’est sûr que je ne sais pas encore vraiment à quoi m’attendre ! Mais que je suis sûre aussi qu’on ne perdra pas pour autant complètement notre âme d’enfants 🙂 A suivre !

  2. Si être adulte c’est devenir parent, je crois que je ne suis pas encore prête à être adulte alors ! 😉 Par moments je me sens encore loin d’être adulte, du moins selon les standards de notre société… Pas d’enfants, pas d’appart, pas de boulot…

    Mais ceci dit, je me sens quand même plus adulte qu’hier dans le sens où j’ai pris que conscience que c’est moi qui choisi ma vie, que ces choix ci dessus, ce sont les miens et que vivre avec et assumer mon mode de vie, c’est ça aussi être adulte pour moi. 🙂

    • Marinette dit :

      Comme je disais, j’ai souvent cru devenir adulte… il se peut que dans 3 mois je découvre que finalement… je ne le suis toujours pas ! Parce que dans le fond… l’est-on vraiment un jour ?

  3. CiTiZen-SHE dit :

    Joli article !!! 🙂
    Coralie

  4. Dominique dit :

    Quelle période remplie d émotions …. Alors qu’est ce que j’apprends ??? mon bébé a pleuré la veille de ses 10 ans ? 🙁
    Et pour le bac …. pas de souvenir d’avoir souhaité une mention … et pourtant elle était là pour en rajouter à notre fierté !
    Les soirées prolongées ???? pas de souvenir ! LOL!!!! mais là franchement tu n’as pas dû nous en parler …. bon allez il y a prescription !!!
    Tijuana et les road trips : souvenirs souvenirs …..
    Et Milan et New York et ……. que de souvenirs de bonheur de voir notre bébé grandir ……:)et notre fille prendre son envol.
    Chacun son tour …. Bienvenue (prochainement) dans le monde DES PARENTS si ce n’est des adultes… que du BONHEUR 🙂

  5. Ton article est fabuleux. Tu racontes très bien cette difficulté à grandir que beaucoup éprouvent. Je suis au stade de l’achat d’appartement, c’est déjà une étape d’adulte. Je n’aurai en revanche peut être pas d’enfant, peut être que du coup je ne deviendrai pas adulte ! Qui sait
    Très bel article en tout cas et plein de bonheur à vous trois.

    • Marinette dit :

      Un grand pas déjà 🙂 Félicitations pour l’achat à venir et la nouvelle aventure qui va avec ! Et puis… chacun sa façon de devenir adulte dans le fond j’imagine. On s’en reparle dans quelques mois…

  6. Clémence dit :

    Un très joli article, dans lequel je me reconnais bien, étant jeune maman d’une princesse de 3 mois et demi.
    L’enfance n’est jamais loin : concours de grimaces avec bébé, soirées canapé-junk food-Disney…
    Disons qu’on devient plus raisonnable !
    Je te souhaite une belle fin de grossesse. Passe le bonjour et félicite au passage Monsieur mon fillot 😉

    Clémence, EBIste

    • Marinette dit :

      Bonjour Clémence,
      Avec un peu de retard, à notre tour de t’envoyer nos félicitations pour ta princesse (qui a du déjà bien changer depuis ce message, j’imagine que les concours de grimaces la font maintenant bien sourire !). Plus que quelques jours de boulot de mon côté et à peine quelques semaines (si ce n’est moins) à attendre pour être 3 !
      Cyril t’embrasse !